Articles

Fin de l’Arenh : une volatilité accrue selon la CRE

Capture d'écran 2025-12-11 171643

La fin de l’Arenh, dispositif qui permettait aux fournisseurs d’acheter une part de l’électricité nucléaire à un tarif régulé, marque le passage à un fonctionnement entièrement orienté vers le marché. Dès le début du mois de janvier, cette évolution devrait entraîner davantage d’incertitudes pour les consommateurs. La Commission de régulation de l’énergie (CRE) prévoit en effet que la volatilité des prix deviendra une composante centrale du marché, ce qui rend indispensable une compréhension précise des mécanismes pour anticiper les futures fluctuations.

  • La disparition de l’Arenh et ses effets immédiats

L’Arenh, mis en place pour offrir aux fournisseurs un accès stable et prévisible à une partie de la production nucléaire d’EDF à un prix fixé à l’avance, prendra fin le 31 décembre. À partir de janvier, les volumes concernés seront directement vendus sur les marchés de gros, où les prix évoluent constamment en fonction de l’offre, de la demande et de l’état du système électrique. Les revenus qu’EDF tirera de ces ventes seront ensuite soumis à une taxation progressive selon deux seuils, révisés tous les trois ans.

Selon les estimations de la CRE, les premiers seuils devraient se situer entre 65 et 85 €/MWh sur la période 2026-2028, puis entre 68 et 88 €/MWh entre 2029 et 2031. Le second seuil, plus élevé, oscillerait entre 95 et 115 €/MWh pour la première période, avant de passer légèrement au-dessus pour les trois années suivantes. Ces niveaux ne correspondent pas à des prix garantis, mais servent uniquement à calculer la part des revenus d’EDF prélevée lorsque les prix de marché dépassent ces valeurs.

Pour les particuliers comme pour les entreprises, la disparition de l’Arenh signifie que l’ancien filet de sécurité tarifaire n’existera plus. Les prix suivront plus directement les mouvements du marché, avec des variations potentiellement marquées, surtout lors de périodes de tension sur le système électrique.

 

  • Pourquoi la volatilité progresse déjà fortement 

Selon la CRE, les prix de l’électricité en France évoluent désormais dans des fourchettes beaucoup plus larges qu’avant la crise énergétique. Le marché se situait autrefois dans une zone relativement stable, autour de 20 à 30 €/MWh. Aujourd’hui, les variations peuvent aller de niveaux négatifs, généralement provoqués par un surplus momentané de production, à des pointes dépassant 100 €/MWh lors des heures les plus sollicitées.

Sur le marché spot, où l’électricité s’échange heure par heure, les prix relevés ces dernières semaines fluctuent chaque jour entre environ 28 et 98 €/MWh. De telles amplitudes montrent que la situation est devenue plus complexe à anticiper, aussi bien pour les régulateurs que pour les entreprises qui doivent adapter leurs stratégies d’achat ou de production dans un contexte marqué par davantage d’incertitudes.

Capture d'écran 2025-12-11 171657
  • Un contexte français néanmoins particulier

Malgré la hausse de la volatilité, les prix de l’électricité en France restent souvent inférieurs à ceux de ses voisins. Le système électrique bénéficie actuellement d’un équilibre relativement stable entre production et consommation, soutenu par un parc nucléaire en meilleure performance et des exportations régulières qui contribuent à fluidifier le marché. Les contrats d’électricité pour 2026, 2027 et 2028 se négocient aujourd’hui autour de 50 à 55 €/MWh, soit plusieurs dizaines d’euros de moins que leurs équivalents en Allemagne.

  • Ce que les consommateurs doivent anticiper avec ce nouveau cadre 

La fin de l’Arenh exposera davantage les consommateurs aux fluctuations des marchés. Ce choix, assumé par les pouvoirs publics, vise à favoriser un modèle où les prix reflètent plus directement les signaux du système électrique plutôt qu’un cadre régulé protecteur mais déconnecté de la réalité du marché.

Les ménages n’auront pas à suivre les heures de cotation, mais devront accepter que le niveau global des prix puisse évoluer plus rapidement qu’auparavant. Les entreprises à forte consommation devront renforcer leurs stratégies d’achat en recourant à des outils de couverture ou à des contrats à long terme pour sécuriser leurs coûts.

La CRE considère que la liquidité du marché, c’est-à-dire la capacité à acheter ou vendre d’importants volumes sans provoquer de variations brusques, restera satisfaisante pour les trois prochaines années. Elle souligne cependant que les échéances plus lointaines devront gagner en profondeur pour offrir un véritable horizon de stabilité aux acteurs.