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L’EPR de Flamanville à l’arrêt pour 1 an dès septembre 2026

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L’EPR de Flamanville, toujours en phase de montée en puissance, reste au centre de l’attention dans le secteur de l’énergie. Alors que les essais avancent et que le réacteur se rapproche de sa puissance maximale, EDF annonce une information clé : une visite complète est prévue en septembre 2026. Cette inspection majeure de sûreté nucléaire nécessitera un arrêt du réacteur d’environ un an.

  • Pourquoi l’EPR doit interrompre sa production en 2026

En novembre 2025, l’EPR de Flamanville a franchi une étape symbolique en atteignant 80 % de sa puissance nominale, soit environ 1 200 mégawatts. Cette progression fait suite à une série de tests menés depuis sa reconnexion au réseau électrique national à la mi-octobre. EDF précise que l’objectif reste d’atteindre les 100 % avant la fin de l’automne, condition indispensable pour sa première année d’exploitation complète.

Malgré ces avancées encourageantes, les règles de sûreté exigent une intervention majeure : la première visite complète, dite VC1. Cette opération doit impérativement avoir lieu dans les 30 mois suivant le premier chargement du combustible, conformément à la réglementation française et sous le contrôle de l’Autorité de Sûreté Nucléaire et de la Radioprotection (ASNR).

La VC1 représente une inspection approfondie du réacteur, incluant l’examen de nombreux composants, des contrôles métrologiques, des diagnostics de performance et une évaluation générale de l’état des installations. Cet arrêt programmé, prévu à partir du 26 septembre 2026, s’étendra sur 350 jours. Sa durée s’explique par la complexité technique de l’EPR et les exigences renforcées imposées aux installations de troisième génération.

  • Les opérations prévues pendant la visite complète

La VC1 mobilisera 2 500 intervenants et près de 200 entreprises partenaires, ce qui montre l’ampleur du chantier. Plusieurs actions prioritaires sont programmées, dont le remplacement du combustible. Bien que courante sur un réacteur en activité, cette opération exige une préparation rigoureuse en raison des étapes de manutention, de refroidissement et de confinement qu’elle implique.

L’un des volets les plus sensibles de cette visite sera le changement du couvercle de cuve. Ce composant, indispensable à l’intégrité du cœur du réacteur, doit être remplacé conformément à une demande formulée par l’ASNR dès 2017. Cette intervention avait déjà fait l’objet de débats et de reports, notamment à cause des retards du chantier de Flamanville 3. Elle nécessite une organisation particulièrement précise : retrait de l’ancien couvercle, contrôles intermédiaires, installation du nouveau, puis vérifications d’étanchéité.

Parallèlement, de nombreux équipements seront soumis à des tests complémentaires. Ces essais visent notamment à vérifier la résistance mécanique, le vieillissement des matériaux et la conformité des performances aux exigences de sûreté. Cette étape permet de garantir l’exploitation future du réacteur en confirmant que tous les systèmes fonctionnent correctement.

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  • Ce que cet arrêt signifie pour le calendrier énergétique

Pour EDF, cet arrêt d’un an constitue un défi organisationnel majeur. L’objectif principal est de tenir le calendrier, car tout dépassement aurait un impact direct sur la disponibilité du réacteur lors de sa première véritable période d’exploitation commerciale.

Ce type de visite reste toutefois courant. Tous les réacteurs du parc français font l’objet d’arrêts programmés pour maintenance, généralement plus courts. Dans le cas de l’EPR, la complexité technique et l’intégration d’un nouveau composant justifient une durée prolongée. Il est donc important de ne pas juger les performances futures du réacteur uniquement à travers cette interruption.

La VC1 marque aussi une étape clé pour la crédibilité du projet EPR en France. Après des années de discussions, de retards et d’ajustements techniques, ce réacteur doit désormais prouver sa fiabilité sur le long terme. Une visite menée avec succès renforcerait la confiance accordée à cette technologie de troisième génération, conçue pour améliorer la sûreté, optimiser le rendement et prolonger la durée de vie des installations.