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"Un réacteur par an" : le pari d'EDF pour relancer le nucléaire

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Le parc nucléaire français repose sur 56 réacteurs, fournissant 67 % des besoins en électricité de la France. EDF ambitionne aujourd’hui de construire de nouveaux réacteurs de 3ème génération (EPR), dans un contexte où la production d’électricité nucléaire n’a jamais été aussi faible depuis les années 1980.

Un regain d’intérêt pour l’atome

Face à la crise énergétique mondiale, le nucléaire apparaît indispensable. Mais ce n’est pas tout : construire de nouveaux réacteurs est désormais crucial pour atteindre la neutralité carbone. EDF souhaite ainsi accélérer la construction de nouveaux réacteurs, en passant de “un à deux réacteurs par décennie” à “1 à 1,5 par an”. Luc Rémont, PDG d’EDF, a déclaré : « Nous tablons sur une cadence accélérée de la capacité de construction des réacteurs de grande taille, pour passer de ce que nous avons aujourd’hui, c’est-à-dire un ou deux par décennie, à 1 voire à 1,5 par an ».

Un défi industriel colossal

EDF fait face à de nombreux défis, notamment une dette de plus de 54 milliards d’euros et des retards sur plusieurs chantiers d’EPR. Malgré cela, EDF reste déterminé à atteindre ses objectifs en France, avec la relance du programme de 18 réacteurs EPR2, et à l’international. Actuellement, EDF a construit deux centrales dotées d’EPR dans le monde, l’une en Chine et l’autre en Finlande.

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Un, voire 1,5 réacteur par an : un objectif atteignable ?

Bien que cet objectif semble ambitieux, le PDG d’EDF est confiant : « Tout est possible. On a déjà fait quatre par an dans les années 1970-80 », a-t-il déclaré en novembre dernier. Le réacteur EPR (réacteur pressurisé européen) est issu d’une collaboration franco-allemande, et le premier réacteur EPR a été déployé en 1992. Tous les experts d’EDF sont mobilisés pour développer des modèles d’EPR plus sûrs et optimisés, avant de passer à une production industrielle à des prix compétitifs. « À partir du moment où on sait qu’on va en faire un certain nombre, on organise la supply chain (chaîne des fournisseurs), on organise les travaux pour réaliser cette série, on y arrivera et on montera en cadence, comme dans toute industrie », a expliqué Luc Rémont.

De nouveaux pays nucléaires ?

Bien que l’Europe soit le principal marché d’EDF, le groupe français envisage également d’investir dans des pays africains et asiatiques dans la décennie à venir. Actuellement, plus de 400 réacteurs nucléaires sont en opération dans 31 pays. Une douzaine de pays, dont le Ghana, les Philippines et le Kenya, souhaitent également investir dans le nucléaire avant 2030.

En somme, le pari ambitieux d’EDF de construire jusqu’à 1,5 réacteur par an représente un défi de taille, mais aussi une opportunité majeure pour répondre aux besoins énergétiques et climatiques de demain.